2000-2009 : dix ans de Cahiers Lituaniens
Devenue
en une décennie une revue de référence en France dans le domaine des études
baltes, les Cahiers Lituaniens sont aussi la seule publication
périodique française entièrement consacrée à l’histoire, l’art, la langue et la
littérature de la Lituanie
et aux relations entre la
France et la
Lituanie.
Initiés
par l’association Alsace-Lituanie avec le soutien de la Fondation Robert
Schuman, les Cahiers Lituaniens s’inscrivent dans une tradition
éditoriale strasbourgeoise d’ouverture sur l’Europe centrale, et notamment sur la Lituanie. C’est en
effet à Strasbourg que sont parus dès 1503 le recueil de prières (le Tractatus
sacerdotalis) comprenant le plus ancien texte lituanien manuscrit connu,
et, en 1513, la première carte de l’Europe où il est fait mention de Vilnius (la Tabula moderna Sarmatia Eur. par Nicolaus
Cusanus dans une réédition de la
Geographia de
Claudius Ptolémée). C’est toujours à Strasbourg qu’en 1832 le général
napoléonien Henri Dembinski fait publier ses Mémoires de la campagne de Lithuanie et que paraissent, à la fin du
XIXe siècle, plusieurs ouvrages d’éminents professeurs de l’université
wilhelmienne tels que Litauische
Volkslieder und Märchen d’August Leskien et Karl Brugmann (1882), Das
litauische Präteritum (1891) et le Handbuch
der litauischen Sprache (1897) d’Oskar Wiedemann. Dès sa création en
février 1991, l’association Alsace-Lituanie poursuit cette tradition en faveur
d’un pays encore sous le joug soviétique en publiant une brochure intitulée Liberté pour la Lituanie ; puis
en 1994 La Lituanie
vue d’Alsace et en 1996 le Guide de
conversation français-lituanien (dont une 4e édition parait en 2007) ;
viennent ensuite l’opuscule sur La
littérature lituanienne d’Ugnė Karvelis publié dans le cadre de la Fête du Livre et Les Carnets baltes de Suzanne Pourchier
et Yves Plasseraud, recueil d’articles parus entre 1980 et 1999 dans les revues
Esprit et Diagonales Est-Ouest. Deux autres titres sont publiés
en co-édition : la bibliographie Lire la Lituanie en
partenariat avec la
Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg, et Alzasas,
la première publication sur l’Alsace en langue lituanienne, en collaboration
avec les éditions de la
Nuée Bleue et avec des contributions originales de Richard
Kleinschmager, Bernard Naegelen, Marie-Christine Perillon, Pierre Pflimlin,
Maurice Roeckel, Dominique Toursel-Harster et Bernard Vogler.
Avec
les Cahiers Lituaniens, cette dynamique éditoriale se pérennise sous la
forme d’une revue régulière en langue française pour un public motivé. Elle est
conçue et animée par un petit réseau d’érudits constitué autour de Philippe
Edel, président d’Alsace-Lituanie : Aldona Bieliūnienė (Musée national de
Lituanie, Vilnius), Liucija Černiuvienė (université de Vilnius), Piotr Daszkiewicz
(Muséum national d’histoire naturelle, Paris), Liudmila Edel-Matuolis (ATLF),
Julien Gueslin (université Panthéon-Sorbonne/CNRS et BnF, Paris), Ona
Kažukauskaitė (Institut de la Langue Lituanienne, Vilnius), Guido Michelini
(universités de Parme et de Klaipėda, membre de l’Académie des sciences de
Lituanie), Caroline Paliulis (libraire à Vilnius) et Aldona Ruseckaitė (Musée
de la littérature lituanienne, Kaunas). En 10 ans, 75 contributions ont été
publiées, totalisant près de 600 pages. Près de 70 auteurs ont participé à la
revue, dont 41 Lituaniens et 19 Français, mais également quatre Polonais, un
Allemand, un Italien et un Belge. Ecrites essentiellement par des
universitaires, chercheurs, responsables de musées ou critiques d’art, les
contributions sont – sauf exception – des textes originaux écrits spécialement
pour la revue. Dans quelques cas, avec le consentement de leurs auteurs, il
s’agit de traductions en français de textes déjà publiés en Lituanie pouvant
intéresser le public francophone. La revue s’inscrivant dans une démarche à la
fois académique et européenne, les textes à consonance idéologique, partisane
ou nationaliste ne sont pas sollicités. Dès son lancement, elle a suscité un
vif intérêt auprès des milieux académiques en Lituanie pour lesquels elle
devint un canal de diffusion vers le public francophone. Notons qu’elle
n’aurait pu voir le jour sans la contribution aussi compétente et enthousiaste
que bénévole de traducteurs et de réviseurs tels que Sylvie Burin des Roziers,
Isabelle Chandavoine-Urbaitis, Marie-Françoise Daire, Liudmila Edel-Matuolis,
Uwe Hecht, Brigitte Heidt, Jean-Marie Hummel, Eglė Kačkutė-Hagan, Jean-Claude
Lefebvre, Bronė Lipšienė, Michel Pagnier et Marielle Vitureau.
Chaque
numéro s’ouvre avec un texte de mise en perspective historique, tels le
rétablissement de l’indépendance de la Lituanie en 1990, par Vytautas Landsbergis (n°1),
ou le millénaire de la première mention historique du nom de Lituanie (1009),
par l’académicien Zigmas Zinkevičius (n°10). La période soviétique, encore très
présente dans la mémoire collective des Lituaniens, y est régulièrement
abordée : la lutte contre l’annexion soviétique après la Seconde Guerre
mondiale (n°2), le destin tragique de deux résistants lituaniens aussi
emblématiques que Jonas Žemaitis (n°3), le chef des partisans des années
1940-50, ou Romas Kalanta (n°5), le lycéen qui s’immola par le feu à Kaunas en
1972. Le thème des déportations de populations lituaniennes en Sibérie a été
traité par le biais des témoignages particulièrement émouvants d’Aldona
Graužinytė-Matulevičienė (n°4), de Rytė Merkytė (n°6) et d’Elena
Žindžiuvienė-Deksnytė (n°9), qui permettent au lecteur francophone de
découvrir, à travers des tranches de vie familiale, la tragédie de tout un
peuple écrasé par un régime totalitaire.
Les
relations entre la Lituanie
et la France
depuis le rétablissement de l’Etat lituanien en 1918 y sont régulièrement
abordées, dans leur dimension historique et politique (n°2 et 9), sur le plan
culturel (n°1 et 7) et pendant certaines périodes historiques : campagne
de Russie de 1812 (n°4 et 7), occupation de Memel/Klaipėda en 1920-1923 (n°8),
etc. De courtes biographies présentent les hommes qui ont fait lien entre les
deux pays. Des Français d’abord : les professeurs de médecine Nicolas
Regnier, Jacques Biotet, Jean-Emmanuel Gilibert, Auguste Bécu (n°10) et
Louis-Henri Bojanus (n°3) qui enseignèrent à l’université de Vilnius aux XVIIIe
et XIXe siècles ; l’écrivain Prosper Mérimée (n°6) qui prit la Lituanie pour cadre de sa
nouvelle Lokys ; les linguistes Ferdinand de Saussure, Antoine Meillet et
Robert Gauthiot (n°2) qui révélèrent l’originalité et la richesse de la langue
lituanienne ; l’administrateur et homme politique Raymond Schmittlein
(n°9) qui aida les Lituaniens en exil au moment de l’annexion soviétique ;
Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir (n°1) qui firent un étonnant séjour en
1965 en Lituanie soviétique. Et des Français originaires de Lituanie : le
poète Oscar Milosz (n°6), l’historien de l’art Jurgis Baltrušaitis (n°4), le
sémanticien Algirdas Julien Greimas (n°5), le philosophe Emmanuel Levinas
(n°7).
La
langue lituanienne, la plus archaïque des langues indo-européennes modernes,
fait l’objet de plusieurs contributions, notamment d’éminents linguistes
spécialistes des langues baltes, les professeurs Guido Michelini (n°2),
Algirdas Sabaliauskas (n°3), Arnoldas Piročkinas (n°4) ou Rainer Eckert (n°9).
Sont abordés l’histoire du grand dictionnaire de la langue lituanienne (n°3),
la protection de la langue lituanienne en Lituanie (n°7), son enseignement en
Lituanie et en Europe (n°9), l’usage du ruthénien dans le grand-duché de
Lituanie (n°7), la situation du français en Lituanie (n°1), le multilinguisme
en Lituanie (n°8).
Bien
que parmi les plus récentes d’Europe, la littérature lituanienne est riche en
nouvellistes et poètes totalement méconnus en France. De nombreuses nouvelles y
sont publiées pour la première fois en traduction française : "La
flûte" de Jurgis Savickis (n°2), "Touché !" et
"La fin de Brisius" de Jonas
Biliūnas (n°3), "Lettres à Devdorakėlis" de M.K. Čiurlionis
(n°3), "L’annuaire téléphonique" de Judita Vaičiūnaitė (n°4), "Le
conte des deux rois" de Kazys Saja (n°5), "Le livre du
destin" d’Antanas Biliūnas (n°6). Des poèmes aussi : "Attraction" de Vladas Braziūnas,
"Chant des temps anciens"
de Maironis (n°9), "Rideau de pluie"
d’Aidas Marcenas, "Berceuse pour une
mère" d’Alvydas Slepikas, "Comment
vas-tu ?" de Daiva Čepauskaitė (n°10). Les portraits des deux
géants de la littérature lituanienne, Donelaïtis (n°9) et Maironis (n°2), ont
été brossés par la directrice du Musée de la littérature lituanienne, Aldona
Ruseckaitė, tandis que l’aventure des knygnešiai
(n°5), ces célèbres porteurs de livres qui vivaient à l’époque de
l’interdiction par le régime tsariste de l’alphabet latin dans les publications
lituaniennes, y est présentée par la petite-fille de l’un d’eux, Caroline
Paliulis. Un index complet des œuvres des quelque cinquante poètes et écrivains
lituaniens traduites en français est publié (n°2) et régulièrement tenu à jour
sur le site web de la revue.
La
peinture, la sculpture, la photographie, les arts graphiques révèlent la
profondeur de l’âme lituanienne et de sa culture traditionnelle, marquées par
un sens aigu de beauté, de pureté et de lyrisme. Chaque numéro met en valeur un
ou plusieurs artistes plasticiens, dont les illustrations en couverture ou en
pages intérieures, complétées d’une brève biographie ou étude de l’œuvre,
permettent de saisir l’étendue de leur talent. Firent ainsi l’objet de
reproduction et de présentation : Robertas Antinis (n°2), Jan Bułhak
(n°7), Mikalojus Konstantinas Čiurlionis (n°3), Stasys Eidrigevičius (n°9),
Kęstutis Grigaliūnas (n°7), Vytautas Kazimieras Jonynas (n°8), Kazys Kisielis
(n°1), Stasys Krasauskas (n°6), Antanas Mončys (n°4), Stanilovas Riauba (n°10),
Steponas Šarapovas (n°5), Lionginas Šepka (n°4), Algirdas Steponavičius (n°8),
Vytautas Valius (n°5), Lionginas Virbickas (n°3). Sont tout particulièrement
traités : l’art des croix en Lituanie (n°5) – reconnue depuis 2001 par
l’UNESCO comme faisant partie du patrimoine culturel immatériel de
l’humanité ; la première exposition d’art lituanien à Vilnius en 1907
(n°8) ; et les collections du musée M.K. Čiurlionis de Kaunas (n°1).
L’importance
culturelle des forêts lituaniennes (n°5), les vieilles légendes liées aux ours
(n°6), la découverte de météorites à Vilnius au XVIIIe siècle (n°7) ou de
l’ornithologie moderne en Lituanie (n°10) font découvrir la place de la nature
dans la culture des Lituaniens, dernier peuple européen à avoir été évangélisé,
et ont connu un vif succès auprès du lectorat français.
Depuis
sa création, la revue a bénéficié du soutien de la Fondation Robert
Schuman (Paris). Présidée par Jean-Dominique Giuliani et dirigée par Pascale
Joannin, la fondation est un des principaux centres de recherche français sur
l’Europe et est engagée depuis plusieurs années en Lituanie où elle apporte son
appui au premier centre culturel de langue française créé en Lituanie, à
Kaunas, la deuxième ville du pays. Son soutien est particulièrement important
pour la revue, tant sur le plan financier que moral. Rappelons que Robert
Schuman (1886-1963), homme d’Etat français originaire d’Alsace-Lorraine,
plusieurs fois chef de gouvernement et ministre des Affaires étrangères,
premier président du Parlement Européen, est considéré comme l’un des
"Pères Fondateurs de l’Europe". Durant les années de guerre froide,
Robert Schuman fut l’un des rares dirigeants français à avoir exprimé à
plusieurs reprises le devoir de solidarité incombant aux Européens de l’Ouest à
l’égard des "peuples de l’Est" vivant sous le joug soviétique. Ont
également apporté leur appui aux Cahiers Lituaniens de hautes personnalités
politiques françaises et lituaniennes, telles que Pierre Pflimlin, Louis Jung,
Vytautas Landsbergis, Valdas Adamkus, tout comme le Conseil régional d’Alsace
présidé par Adrien Zeller, les ambassades de Lituanie à Paris et de France à
Vilnius, l’Institut Lituanien (Lietuvos
Institutas) et Books from Lithuania
(Lietuviškos knygos).
Dès
son premier numéro, la revue a reçu un bon accueil. En France, ce sont surtout
des revues spécialisées (Les Boréales,
Cahiers des Amis de Milosz, Cahiers du Monde Russe, Chroniques Slaves, Le
Courrier des Pays de l’Est, La
Géographie, L’Histoire, Le Matricule des Anges, Regard vers
l’Est, Slavica Occitania) qui ont salué le sérieux et la grande qualité de
la revue, alors qu’en Lituanie le spectre des médias qui s’en sont fait l’écho
est plus large (Gimtoji Kalba, Kauno
Diena, Kultūros Barai, Lietuvos Aidas, Lietuvos Mokslininkų Laikraštis,
Lietuvos Žinios, Literatūra ir Menas, Metai, Mokslas ir Gyvenimas, Mokslo
Lietuva, Naujoji Romuva, Nemunas, XXI Amžius). Des recensions ont également
paru dans la presse spécialisée anglo-saxonne (Journal of Baltic Studies) et allemande (Mitteilungen aus baltischem Leben). Des contributions parues dans
les Cahiers Lituaniens sont citées en
référence bibliographique de travaux publiés dans des revues telles que Lituanus (n°49, Chicago, 2004 :
travaux de Nathalie Lorand sur M.K. Čiurlionis) ou Logos (n°51, Vilnius, 2007 : travaux d’Odeta Žukauskienė sur
Jurgis Baltrušaitis) ou dans des monographies (Gilles Dutertre, Les Français dans l’Histoire de la Lituanie, Paris, 2009.
Thierry Laurent, Echanges littéraires
franco-lituaniens [XIXe et XXe siècles], Paris, 2009). Des guides
touristiques consacrés à la
Lituanie ou aux Pays baltes (Guide Vert Michelin, Petit Futé, Routard Mag) citent les Cahiers Lituaniens dans leur rubrique de
conseils de lecture avant le voyage. Des collaborations éditoriales sont par
ailleurs envisagées avec des revues étrangères d’études baltes, telles que Annaberger Annalen (Allemagne), Res Balticae (Italie) et Lithuanian Papers (Australie). Le nombre
d’abonnés payants s’élève en 2009 à 180 particuliers et institutions, auxquels
s’ajoutent près d’une soixantaine de bibliothèques publiques et universitaires
(dont sept bibliothèques nationales : France, Lituanie, Allemagne,
Luxembourg, Pologne, Ukraine et Etats-Unis) qui ont accepté de mettre les Cahiers Lituaniens à la disposition de
leurs lecteurs. La revue bénéficie aussi d’une bonne indexation, étant
référencée dans de grandes bases bibliographiques nationales et internationales
d’éditeurs et de bibliothèques académiques (BN, EBSCO, EBSEES, Electre, LCCN,
LIBIS, SUDOC, ZDB).
Concernant
la visibilité de la revue sur Internet, le site web des Cahiers Lituaniens (www.cahiers-lituaniens.org), qui propose une
vingtaine d’articles en libre accès et les portraits des artistes ayant
contribué à l’illustration de la revue, a une fréquentation de près de 6.000
pages vues par mois. Lors d’une recherche sur Google pour le mot
"Lituanie" en janvier 2010, le site apparaît parmi les 10 premiers
résultats (sur un total d’environ 8.750.000). La même recherche sur Google pour
l’expression exacte "Cahiers Lituaniens" donne un total de près de 3.030
résultats. Notons que le site bénéficie aussi de la fréquentation de son blog
(http://lituanie-culture.blogspot.com) qui, avec des notices bihebdomadaires,
démultiplie sa notoriété.
Définis
par le Bureau (Philippe Edel, président, Janine Kaspar, vice-présidente,
Marie-Françoise Daire, trésorière, et Anita Meng, secrétaire) de l’association
Alsace-Lituanie éditrice des Cahiers
Lituaniens, les objectifs de la revue visent à la conforter en tant que
publication spécialisée en lituanistique et à contribuer à une meilleure
compréhension d’un des pays de "l’autre Europe" qui a rejoint l’Union
européenne en 2004 mais reste encore largement méconnu en France.
Auteurs publiés dans les Cahiers
Lituaniens (2000-2009) : Yann Ardagna, Jūratė Baranova, Laima
Bialopetravičienė, Antanas Biliūnas, Jonas Biliūnas, Vladas Braziūnas, Birutė
Burauskaitė, Daiva Čepauskaitė, Lucija Černiuvienė, M.K. Čiurlionis, Piotr
Daszkiewicz, Corine Defrance, Patrick Donabédian, Rainer Eckert, Philippe Edel,
Jean-Emmanuel Gilibert, Aldona Graužinytė-Matulevičienė, Jean Grison, Julien
Gueslin, Laimantas Jonušys, Vanda Juknaitė, Bernard Jusserand, Daina
Kamarauskienė, Ugnė Karvelis, Ona Kažukauskaitė, Aida Kiškytė-Degeix, Janine
Kohler, Ingrida Korsakaitė, Aistė Jurga Krasauskaitė, Laima Kreivytė, Marija
Kuodienė, Vytautas Landsbergis, Jean-Claude Lefebvre, Nathalie Lorand, Aidas
Marčėnas, Margarita Matulytė, Elmantas Meilus, Rytė Merkytė, Guido Michelini,
Egidijus Navikas, Joanna Ostaszewska-Nowicka, Lina Pakalniškytė, Caroline
Paliulis, Philippe Perchoc, Thierry Pinet, Arnoldas Piročkinas, Yves
Plasseraud, Alė Pociulpaitė, Alain Rechner, Catherine Rigeade, Aldona
Ruseckaitė, Algirdas Sabaliauskas, Kazys Saja, Tomasz Samojlik, Jurgis
Savickis, Michel Signoli, Alvydas Šlepikas, Mykolas Sluckis, Irena Smetonienė,
Antanas Stasiškis, Radosław Tarkowski, Judita Vaičiūnaitė, Thierry Vette,
Marielle Vitureau, Zigmas Zinkevičius, Birutė Žilytė, Elena
Žindžiuvienė-Deksnytė.